CFP: Décor and Architecture in the 17th and 18th Centuries: Between Adherence and Autonomy

Deadline:  30 May 2016

University of Lausanne, Lausanne, Switzerland

24-25 November 2016

(Version française: infra)

During the Early Modern Period, décor was considered to be one of the most fundamental elements of architecture. Thanks to décor, architecture could elevate itself beyond simple masonry and claim a superior status. Décor was thus defined as a necessary prerequisite for architecture, rather than a marginal component. However, despite its privileged status, many authors mistrusted it, fearing the harmful effect which an uncontrollable proliferation of ornament would surely have on architecture. This conference aims to question how the relations between décor and architecture were defined and implemented in Europe in the 17th and 18th centuries.

Our perception of these relations has often been informed by teleological approaches: indeed, the radical ideas conveyed by certain 20th-century texts, which define décor as an unnecessary bi-product of architecture, have acted as a distorting prism. History of art, for its part, has often separated décor-related studies from architecture-related ones, suggesting a de facto rupture between these fields and potentially biasing our understanding of the artistic production of the Early Modern Period by reducing its scope. As various case studies have shown, the conditions to which the invention of a décor was subjected varied greatly from one building to another. The architects’ prerogatives differed according to the circumstances and constraints imposed on them: while some were largely involved in the invention of the décor, others delegated its conception to artists or workmen.

The following questions – as well as many other similar ones – may be used as a framework for the presentations:

– The term “décor” defines a vast field with no distinct boundaries, potentially covering everything from sculptures, stucco work, paintings, panelling, mirrors and furniture to architectural orders. How did theorists, artists, connoisseurs and patrons define the relations between décor and architecture? In what circumstances was it felt that décor had exceeded its mandate and thus presented a threat to architecture? Were all excesses systematically condemned?

To this discussion of theory can be added several practice-related questions:

– Who was in charge of the invention of a décor and what consequences could a possible sharing of tasks have on the architectural project? To what extent were theoretical principles implemented on the building site? Case studies focusing on architects, artists or workmen could question their part in the creation of a décor.

Finally, historiography raises its own issues:

– How have the discourses developed in the 17th and 18th centuries been understood and interpreted in later times? How has the reception of these discourses biased our perception of the relations between décor and architecture in the 17th and 18th centuries?

Paper proposals which exceed the set chronological limits may be taken into account by the scientific board, if they shed pertinent light on the questions raised in the conference.

Practical details:

Papers will be 30 to 40 minutes long, followed by 15- to 20-minute discussions. Paper proposals of up to 300 words – accompanied by a brief résumé and list of publications – should be sent to Matthieu Lett (matthieu.lett@unil.ch) and Carl Magnusson (carl.magnusson@unil.ch) before 30th May 2016.

Scientific organisers:

Matthieu LETT (université de Lausanne, université Paris Ouest Nanterre La Défense)
Carl MAGNUSSON (université de Lausanne, The Courtauld Institute of Art)

Scientific committee:

Marianne COJANNOT-LE BLANC (université Paris Ouest Nanterre La Défense)
Alexandre GADY (université Paris-Sorbonne)
Dave LÜTHI (université de Lausanne)
Christian MICHEL (université de Lausanne)
Werner OECHSLIN (Eidgenössische Technische Hochschule Zürich)
Antoine PICON (Harvard University)
Katie SCOTT (The Courtauld Institute of Art)

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Version française

Le décor, à la période moderne, est considéré comme l’une des parties fondamentales de l’architecture. Grâce à lui, celle-ci se distingue de la simple maçonnerie et peut revendiquer une forme d’excellence. Dans une telle perspective, le décor est une condition essentielle à l’architecture et non pas un élément marginal. Ce statut privilégié n’empêche cependant pas les commentateurs de s’en méfier : ils craignent la prolifération incontrôlée de l’ornement, qu’ils jugent nuisible à l’architecture. Le présent colloque ambitionne d’interroger la manière dont les rapports entre décor et architecture ont été pensés et pratiqués dans l’Europe des XVIIe et XVIIIe siècles.

Notre perception de ces liens est souvent informée par des approches téléologiques. Ainsi, les thèses radicales véhiculées par certains écrits au XXe siècle, renvoyant le décor à la périphérie de l’architecture, ont-elles agi à la manière de prismes déformants. L’histoire de l’art, pour sa part, a souvent séparé l’étude du décor de celle de l’architecture, instituant de fait une rupture entre ces deux champs, susceptible de biaiser notre compréhension de la production artistique à la période moderne et d’en réduire la portée. Les études de cas révèlent des différences notables dans les modalités de l’invention du décor d’un édifice à l’autre. Les prérogatives des architectes s’avèrent variables selon les circonstances et les contraintes auxquels ils sont soumis, certains étant fortement impliqués dans la conception du décor, tandis que d’autres en laissent le dessein aux artistes ou hommes de métiers.

Afin d’approfondir les rapports complexes qui lient le décor à l’architecture, au XVIIe et au XVIIIe siècle, les thèmes suivants – qui n’épuisent certes pas le champ des possibles – pourront servir de support à la réflexion :
• Le terme de décor définit un vaste champ, aux frontières fluctuantes, recouvrant potentiellement une grande variété d’éléments, tels que sculptures, stucs, peintures, lambris, glaces, dorures, meubles ou encore ordres d’architecture. Comment théoriciens, artistes, amateurs et commanditaires ont-ils défini et articulé la notion de décor par rapport à celle d’architecture ? À partir de quand estime-t-on que le décor outrepasse ses prérogatives et menace l’architecture ? Les débordements du décor sont-ils systématiquement condamnés ?

À ces questions d’ordre théorique s’ajoutent des interrogations relevant de la pratique architecturale :
• À qui confie-t-on l’invention du décor et quelles conséquences un éventuel partage des tâches a-t-il sur le projet architectural ? Dans quelle mesure les préceptes théoriques sont-ils mis en œuvre sur les chantiers ? À partir d’études centrées sur des architectes, des artistes ou des hommes de métier, il sera possible également de s’interroger sur leur rapport au décor.

Enfin, l’étude de l’historiographie soulève des problèmes spécifiques :
• Comment les discours développés au XVIIe et au XVIIIe siècle ont-ils été compris et interprétés dans les siècles postérieurs ? Comment la réception de ces discours a-t-elle orienté notre regard ?

Le comité scientifique est susceptible de prendre en considération des propositions de communication dépassant les limites du XVIIe et du XVIIIe siècle si celles-ci apportent un éclairage pertinent sur les questions soulevées dans le présent colloque.

Modalités pratiques :

Les communications d’une durée de 30 à 40 minutes seront suivies de 15 à 20 minutes d’échange. Les propositions de communication de 300 mots, accompagnées d’un bref curriculum vitae et d’une liste de publications, sont à envoyer avant le 30 mai 2016 à Matthieu LETT (matthieu.lett@unil.ch) et Carl MAGNUSSON (carl.magnusson@unil.ch).

Organisation scientifique :

Matthieu LETT (université de Lausanne, université Paris Ouest Nanterre La Défense)
Carl MAGNUSSON (université de Lausanne, The Courtauld Institute of Art)

Comité scientifique :

Marianne COJANNOT-LE BLANC (université Paris Ouest Nanterre La Défense)
Alexandre GADY (université Paris-Sorbonne)
Dave LÜTHI (université de Lausanne)
Christian MICHEL (université de Lausanne)
Werner OECHSLIN (Eidgenössische Technische Hochschule Zürich)
Antoine PICON (Harvard University)
Katie SCOTT (The Courtauld Institute of Art)

Source:  http://arthist.net/archive/12417